LES LIVRES APOCRYPHES

On qualifie d’apocryphe (du grec απόκρυφος / apókryphos, « caché »[1]) un écrit « dont l'authenticité n'est pas établie » (Littré). Dans le domaine biblique, l'expression désigne, à partir de la construction des canons, un écrit considéré comme non authentique parce que jugé par les autorités religieuses comme non inspiré par Dieu. Cependant, saint Jérôme nommait « apocryphes » les livres deutérocanoniques de l’Ancien Testament et les considérait comme non-canoniques.

Le qualificatif « apocryphes » est donné par les protestants à certains textes appelés deutérocanoniques par les catholiques, qui se trouvent dans la Septante et la Vulgate mais pas dans la Bible hébraïque. Les livres de l’Ancien Testament que les catholiques nomment « apocryphes », sont dits « pseudépigraphes » par les protestants.
 

L’Ancien Testament catholique est environ 20% plus volumineux que celui des Bibles non-catholiques. Les ajouts, plus de 4000 versets, proviennent d’un groupe de 15 textes connus depuis l’antiquité comme des Apocryphes.

Les Apocryphes contiennent des informations historiques importantes sur les 400 ans qui séparent l’Ancien du Nouveau Testament. Les premiers chrétiens citaient les Apocryphes et certains, comme Augustin, en considérait certaines portions comme inspirées. Des manuscrits de la Septante, une traduction grecque de l’Ancien Testament datant du troisième siècle avant Jésus-Christ, incluaient également les Apocryphes au quatrième siècle.

En 1546, l’église catholique romaine déclara officiellement que Dieu avait inspiré douze des quinze textes des Apocryphes, et plus spécifiquement 7 livres :

Et cinq textes plus courts :

Les prétentions de l’église catholique sur l’inspiration de ces écrits doivent être rejetées pour les raisons suivantes :

Les Apocryphes ne se présentent pas eux-mêmes comme inspirés. Leur qualité est médiocre et malgré leur valeur historique ils contiennent des considérations éthiques douteuses, des légendes fantaisistes et des doctrines qui contredisent les Écritures.

Les juifs de la Judée-Samarie n’ont jamais accepté les Apocryphes comme textes sacrés. Il n’y a pas eu non plus de prophète juif vivant du temps de la rédaction des Apocryphes (de 300 à 30 av. J-C)

Ni Jésus ni les écrivains du Nouveau Testament n’ont jamais présenté les Apocryphes comme inspirés. Le Nouveau Testament cite pratiquement tous les livres de l’Ancien Testament mais jamais les Apocryphes.

Globalement, l’église primitive n’a jamais considéré les Apocryphes comme inspirés. De plus, plusieurs responsables chrétiens ont critiqué les Apocryphes, dont Jérôme, Origène, Athanase et Cyril de Jérusalem.

Même l’église catholique n’a pas déclaré les Apocryphes inspirés avant le concile de Trente au seizième siècle. Le but du concile était de contrer la réforme protestante, et les protestants avaient rejeté les Apocryphes. Rome réagit en déclarant inspirés la majeure partie, ce qui leur permettait aussi d’avoir des "arguments" scripturaires » qui pouvaient être interprétés en faveur des doctrines catholiques, par exemple le purgatoire.


[1] Grec ancien

Étymologie

du préfixe άπό et de άκρύφος

Adjectif

άπόκρυφος, ος, ον. Autre écriture : άττπόχφυος

Soustrait aux regards, caché ,secret. (Par extension) Terminologie désignant des textes non lus dans les synagogues ou dans les églises.

 

 

Date de mise à jour de cette page : jeudi, 12. septembre 2013