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La conférence de presse du Lundi 5 Octobre 1998

        

Au lendemain de la réunion du Conseil de la Fédération protestante de France (FPF), les 3 et 4 Octobre, une conférence de presse s'est tenue pour informer des questions en réflexion et en débat.

Les Assises

Le président de la Fédération protestante de France, le pasteur Jean Tartier, annonce la tenue des prochaines Assises de la Fédérations, au Palais des Congrès de Versailles, sur le thème "Une Espérance à vivre, une Société à construire, Spiritualité et Citoyenneté", du 30 octobre au 1er novembre 1999. Elles seront précédées le 29 octobre par un Forum des institutions, oeuvres et mouvements de la FPF.

La famille, la conjugalité et la filiation

Le président de la Commission d'éthique de la FPF, Olivier Abel a commenté le texte "Eléments de réflexion sur la famille, la conjugalité et la filiation", adopté par le Conseil de la FPF et rendu public le 14 septembre 1998.

Ce texte présente l'état de la réflexion protestante sur la conjugalité, son rapport à la filiation et sa durée. Il se place en amont du PACS et non comme une réponse aux questions d'un débat mal parti, coincé dans une polarisation simpliste, progressistes contre réactionnaires, qui étouffe les problèmes. La FPF ne fait pas siens les éléments du débat du PACS.

Le problème de fond est la conjugalité. Il y a un courant libertaire qui dénie le conflit  : l'état s'occupe de la parentalité et de la filiation, la conjugalité relève du privé. Il y a une résistance à traiter les conflits par idéalisation du consensus. Or le contrat institue la possibilité de rupture et du divorce. Il y a un courant, qui enferme le mariage dans une morale catholique. pour les traditionnalistes et le PACS serait pour les libéraux, pourquoi pas un mariage pour les musulmans. Il y a une tendance à communautariser la vie civile. Alors pourquoi ne pas reparler du mariage et de son évolution  ? Pour ne pas toucher au mariage, on lui juxtapose une autre forme de conjugalité, réduite à une affaire purement privée et où le conflit n'est pas pris en compte. Le PACS liquide la question de la conjugalité. Olivier Abel pense qu'il faudrait quelque chose de plus courageux que le PACS sur la conjugalité homosexuelle. Quant à la question de la durée, tout son poids est mis sur l'enfant, le reste pouvant être précaire. Si l'accent de la durée était mis dans le mariage, on ferait moins peser sur l'enfant la question de la précarité des liens et de la fidélité. Ce rapport de la conjugalité et de la filiation n'est pas traité dans le PACS, qui répond au problème avant de le questionner.

Il est à noter que sur le plan parlementaire, les Eglises n'ont pas été consultées. Aucun représentant religieux ne l'a été au contraire des associations homosexuelles, des syndicats de notaire. Ceci montre que les parlementaires ont considéré que la religion était du domaine privé, tout comme la conjugalité. L'idée que le mariage est républicain est perdue de vue ainsi que la religion n'est pas que privée. Le président Jean Tartier a fait remarquer qu'il y avait un grave déficit démocratique en particulier sur le retour d'un débat parlementaire devenant débat de société. Il y a là un vrai manque de médiation. Olivier Abel souhaiterait un collectif de pensée, un lieu d'expression du débat, plutôt que le lobbying.

Il reconnaît que le texte de la FPF est compliqué, puisqu'il présente les éléments de réflexions d'un débat en cours.

L'Europe

Annie Fouquet, présidente de la section Europe de la Commission Sociale Economique Internationale (CSEI) de la FPF, présente la trame du dossier Europe, qui devrait être adopté par le Conseil en décembre 1998.

Ce dossier comprendra 3 parties :

  • une synthèse historique, 2 débats sur les thèmes de la frontière et de la légitimité des institutions européennes et une déclaration de la FPF.
  • des textes de réflexion proposés aux Institutions européennes par la Commission oecuménique européenne pour Eglise et Société, ainsi que les engagements des différents membres de la FPF.
  • des fiches par pays européen sur les relations Eglise-Etat.

L'actualité de l'Europe pour les églises à l'approche de plusieurs échéances en 1999, tels que les élections européennes et le traité d'Amsterdam, la mise en place de l'Euro, et l'élargissement à d'autres pays d'Europe.

La FPF a publié un texte en 1950, alors qu'il fallait reconstruire la paix. Les églises se sont désinvesties de la question européenne avec la construction de l'Europe des marchands. Aujourd'hui, les églises doivent reprendre position dans le débat sur l'Europe des Européens, comme espace de la justice sociale. Les églises doivent favoriser les échanges sur l' Europe désirée  : une Europe forteresse où le capital circule bien par rapport à l'Asie ou une Europe solidaire avec le monde et entre ses membres.

Il faut d'emblée affronter l'hétérogénéïté pour éviter une vision unitaire, homogène, qui provoquerait le retour de la diversité par le conflit. Il est donc nécessaire de mettre l'accent sur les différences des pays européens en se défaisant des idées reçues sur celles-ci. Il faut par exemple mieux connaître les différents modèles de rapport entre religion et état.

La question sur la paix se place dans le champ de la justice sociale. Aussi bien les protections sociales sont différentes que les formes de solidarité.

Le pasteur Jean Tartier indique que ce document présentera les lieux où les Protestants sont engagés en solidarité et, à partir de l'éthique de la solidarité, les convictions protestantes sur l'’Europe.

La toxicomanie

Olivier Abel présente l'adresse de la Commission d'éthique au Conseil de la FPF sur les questions de toxicomanie. Intitulé "Drogues et Toxicomanies-Prohibition ou réglementation", ce texte essaie de déplacer la problématique de prohibition-dépénalisation à usages-abus, ou en d'autres termes de porter l'attention moins sur les produits que sur les hommes. Prenant acte que le rêve d'un monde au degré 0 de la drogue empêche de réfléchir, la Commission soutient l'idée d'une réglementation de l'usage, comme cela se fait pour les médicaments et le tabac. La réglementation des substances psycho-actives permet une prévention de l'usage et la répression de l'abus.

La difficulté du débat tient au fait que pour réglementer, il faut légaliser, indique Jean Tartier, Président de la FPF. Un texte devrait être adopté par le Conseil de février 1999.

Jérusalem

Le président de la FPF, Jean Tartier, informe que le Conseil a ouvert un chantier de réflexion sur le statut de Jerusalem. Les protestants, qui n'ont pas de notion de lieu sacré, ont à apporter sur le "vivre ensemble" dans cette ville où rien n'a été résolu.

Problème de fiscalité

Le président de la PFP, Jean Tartier, a demandé une audience auprès du Premier Ministre et du ministre du Budget sur les nouvelles dispositions de la fiscalité des associations régies par les lois 1901 ou 1905 (cultuelles), qui pourraient être assujetties à la TVA. Les conséquences financières seraient catastrophiques pour nous protestants, qui avons toujours joué le jeu associatif.

        

© F.P.F. 1998