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"Les vieux documents ont leurs ennemis naturels : Le feu, l’humidité, la moisissure. La Bible n’était pas immunisée contre de telles agressions. Avant de devenir le Livre le plus diffusé du monde, il lui a fallu résister aux outrages du temps. Unique et passionnante histoire que celle de la préservation de la Bible..." Mise à part les tables de la Loi qui étaient en pierre (Exode 24:12) les rédacteurs de la Bible n’ont pas marqué la pierre ou un autre support durable comme les tablettes d’argile. Ils ont apparemment utilisé les matières périssables que sont le papyrus, obtenu à partir de la plante égyptienne du même nom, et le parchemin, une peau d’animal préparée. Qu’est-il advenu des documents originaux ? Probablement se sont-ils désagrégés il y a longtemps, le plus souvent quelque part dans l’ancien Israël. Voici ce qu’a écrit le bibliste Oscar Paret : " Ces deux supports d’écriture (le papyrus et le cuir) craignent énormément l’humidité, la moisissure et plusieurs espèces de vers. Nous savons, pour l’avoir constater quotidiennement, avec quelle facilité le papier, ou même un solide cuir, se détériore à l’air libre ou dans une pièce humide(12) voir (Jérémie 13)" Si les écrits autographes ont disparu, comment le message des rédacteurs bibliques nous est-il parvenu ? Préservée grâce à des copistes méticuleux. Peu après leur rédaction, on commença à recopier à la main les textes originaux. Dans l’ancien Israël, reproduire les Écritures devint un métier (Esdras 7:6 ; Psaume 45: 1). Mais ces copies étaient elles aussi réalisées sur des supports périssables, et demandaient à leur tour à être remplacées. Après la disparition des originaux, ces copies servirent de texte de base des futurs manuscrits. On procéda ainsi pendant des siècles. On pourrait supposer que, de copie en copie, des erreurs modifièrent en profondeur le texte de la Bible (c’est ce que disent les ennemies de la Bible). Les faits montrent qu’il en est rien. Les copistes professionnels étaient des hommes dévoués qui révéraient le texte qu’ils reproduisaient. Ils étaient de surcroît extrêmement appliqués. Le mot hébreu rendu par "copiste" , "sophér", évoque l’idée de compter ou de recenser. Le cas des Massorètes* illustre bien cette méticulosité. Le bibliste Thomas Hartwell Horne a dit de ces copistes qu’"ils repérèrent la lettre médiane du Pentateuque (les cinq premiers livres de la Bible), la section centrale de chaque livre, et qu’ils signalèrent le nombre d’occurrences de chaque lettre de l’alphabet dans l’ensemble des Saintes Écritures hébraïques(13)". Des copistes habiles élaborèrent d’ailleurs divers systèmes de vérification. Dans leur souci de ne rien oublier du texte biblique, ils comptèrent non seulement les mots, mais aussi les lettres. Pour avoir une idée du travail que cela représentait, sachez qu’il recensèrent 815 140 caractères dans les Écritures hébraïques(14) ! Pareille minutie est une garantie de fiabilité. Les copistes n’étaient toutefois pas infaillibles. Peut-on affirmer que le texte biblique nous est fidèlement parvenu malgré des siècles de reproduction ? *Nota : Les Massorètes (littéralement : "Maîtres de la tradition") furent les copistes des Saintes Écritures hébraïques entre le VIème et le Xème siècles de notre ère. On appelle textes massorétiques les copies manuscrites qu’ils réalisèrent(15). |
Dernière mise à jour de cette page : dimanche 27 janvier 2008 15:10