Dans les temps anciens, d’autres questions ayant trait au cosmos hantaient les humains : Sur quoi la terre repose-t-elle ? Qu’est-ce qui maintient en place le soleil, la lune et les étoiles ? La loi de la gravitation universelle, formulée par Newton, ne serait publiée qu’en 1687, et l’idée que des corps célestes puissent être littéralement suspendus dans le vide, sur rien, était étrangère à l’esprit de l’époque. L’explication généralement avancée était donc que des objets ou des substances concrètes maintenaient la terre et les autres corps célestes en suspension.

Selon une ancienne croyance, peut-être imaginée par un peuple insulaire, la terre était entourée d’eau et flottait. Les hindous se figuraient que la terre reposait sur plusieurs fondements successifs : D’abord sur quatre éléphants, les éléphants sur une tortue géante, et la tortue sur un gigantesque serpent enroulé qui flottait sur les eaux de l’univers.

*Nota : Remarquons par ailleurs que seul un objet sphérique paraît circulaire quel que soit l’angle de vue. Un disque présente le plus souvent la forme d’une ellipse, non celle d’un cercle.

Empédocle, philosophe grec du Vème siècle avant notre ère, croyait, quant à lui, que la terre reposait sur un tourbillon à l’origine du déplacement des corps célestes.

A l’époque, l’influence d’Aristote était déterminante. Tout en supposant la terre sphérique, il niait catégoriquement qu’elle puisse être suspendue dans le vide. réfutant l’idée que la terre repose sur l’eau, il déclara ceci dans un traité du ciel : " L’eau non plus (pas plus que la terre) ne reste pas naturellement immobile en l’air, mais elle doit reposer sur quelque chose(47)." Quel est donc ce "quelque chose" ? Aristote affirmait que le soleil, la lune et les étoiles étaient fixés à la surface de sphères solides et transparentes. Chaque sphère était imbriquée dans une autre, et la terre se tenait, immobile, au centre. A mesure que les sphères tournaient les unes dans les autres, les corps qu’elles soutenaient — le soleil, la lune et les planètes —- se déplaçaient dans le ciel.

L’explication d’Aristote se tenait. En effet, comment interpréter autrement que des corps célestes restent en suspension sans être retenus à quoi que ce soit ? L’admiration qui entourait ce personnage valut à son opinion d’être admise comme un fait pendant environ 2000 ans. Une encyclopédie (The New Encyclopoedia Britannica) explique qu’aux XVIème et XVIIème siècle l’Église "a élevé au rang de dogme religieux" les conceptions d’Aristote(48).

L’invention de la lunette astronomique entraîna une remise en cause de la théorie d’Aristote. L’énigme ne devait toutefois trouver solution qu’avec Isaac Newton, lequel expliqua que les planètes sont suspendues dans le vide, maintenues sur leur orbite par une force invisible : La gravité. La chose paraissait incroyable. Même certains collègues de Newton doutaient que l’espace fut un vide, un vide presque totalement dépourvu de matière*(49).

*Nota : Une idée maîtresse à l’époque de Newton supposait l’univers rempli par l’éther, une sorte de "soupe cosmique" balayée par des tourbillons qui faisaient tourner les planètes.

Que disait la Bible sur cette question ? Il y a près de 3500 ans, elle affirmait en termes on ne peut plus clairs que la terre est suspendue "sur rien". (Job 26:7). Dans l’original hébreu, le mot traduit ici par "rien" (belimah) signifie littéralement "sans rien(50)". Une traduction anglaise (Contemporary English Version) emploie l’expression "sur le vide".

Une planète suspendue "sur le vide" : Voilà qui à l’époque ne cadrait pas du tout avec l’image que l’on se faisait généralement de la terre. Bien en avance sur son temps, le rédacteur biblique consigna pourtant cette affirmation scientifiquement exacte.

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