Si les prophètes bibliques, Esaïe en tête, se sont contentés d’habiller l’Histoire en prophétie, ces hommes n’étaient alors que d’habiles faussaires. Mais quels mobiles cacheraient pareille supercherie ? Les vrais prophètes clamaient haut et fort qu’ils ne se laissaient pas soudoyés (1 Samuel 12:3 ; Daniel 5:17). En outre, nous avons établi plus haut que les rédacteurs bibliques, dont beaucoup étaient prophètes, étaient des hommes dignes de foi, qui n’hésitaient pas à dévoiler leurs propres erreurs, même les plus embarrassantes. Pourquoi donc ces hommes auraient-ils échafaudé tout un plan pour déguiser l’Histoire en prophétie ?

Mais ce n’est pas tout. Dans leurs prédictions, quantité de prophètes bibliques ont la dent très dure pour leur propre nation, à commencer par les prêtes et les dirigeants. C’est ainsi qu’Esaïe dénonce l’immoralité des Israélites de son temps, celle des chefs comme celle du peuple (Esaïe 1:2-10). D’autres prophètes dévoilent vigoureusement les péchés des prêtes (Sophonie 3:4 ; Malachie 2:1-9). On les voit mal forger de toutes pièces des prophéties contenant des attaques extrêmement sévères contre leurs concitoyens, et on se demande pourquoi les prêtes se seraient prêtés à une telle falsification.

En admettant maintenant qu’il y ait eu imposture, elle n’aurait pas tardé à être éventée. Israël était en effet un peuple qui attachait une grande importance à l’instruction. On apprenait très jeune à lire et à écrire (Deutéronome 6:6-9). On encourageait la lecture individuelle des Écritures (Psaume 1:2). Et chaque semaine, à l’occasion du Sabbat, les Écritures étaient lues publiquement dans les synagogues (Actes 15:21). Il est bien improbable que l’ensemble d’une nation instruite et versée dans les Écritures ait laissé courir un canular aussi grossier. Mais revenons à la prophétie d’Esaïe sur la chute de Babylone, et plus précisément sur un détail qu’il était tout simplement impossible d’écrire après coup.

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