FREDI WINKLER - Dans mon dernier article, j'ai exposé comment, du côté musulman, on s'efforce de prouver qu'il n'y a jamais eu de temple juif sur le mont du Temple, ce qui équivaudrait à l'annulation de toute revendication d'Israël sur ce lieu.
          Voici bien des années déjà paraissait un livre, qui contestait de semblable manière, non seulement le droit juif sur ledit mont, mais aussi sur l'ensemble du pays et donc sur Jérusalem. A ce moment-là, je ne mesurais pas encore la portée de tels arguments et je les ai rejetés comme autant d'élucubrations. En conséquence, je ne me suis pas procuré ce livre. Mais aujourd'hui, il pourrait me servir de document pour épingler la déformation des faits historiques. Son contenu se dessine encore nettement devant mes yeux. Il s'agissait d'abord de la sortie d'Égypte des Israélites et de leur marche dans le désert. Il y avait ceci de positif: l'auteur semblait croire au récit biblique, ce qui, actuellement, n'est plus souvent le cas. On essaie la plupart du temps d'en altérer le sens par des explications "logiques". En fait, l'on ne peut comprendre clairement certaines parties du texte biblique concernant l'exode, notamment la route de la sortie avec l'endroit exact de la mer Rouge ainsi que celui relatif à la sainte montagne de Dieu, le Sinaï. Sur ce dernier point, les pensées les plus diverses sont exprimées. Ainsi, l'auteur du livre en question croit que le mont Sinaï ne se trouve pas dans la péninsule de même nom, mais en face dans l'actuelle Arabie Saoudite. Le chemin de l'exode longeait donc la péninsule du Sinaï jusqu'à sa pointe sud. De là, la traversée de la mer Rouge se serait faite par le détroit de Tiran. A ce point, tout cela était encore du domaine du possible. Mais le clou est l'affirmation totalement absurde que le pays promis est également en Arabie Saoudite. C'est pour cette raison que j'ai, jadis, rejeté comme étant utopique le contenu de ce livre. Il montre cependant que, pour les ennemis d'Israël, tous les moyens sont bons pour miner le droit historique de ce peuple au pays de ses pères.
      D'après cette théorie, Israël habitait dans cette partie de l'Arabie Saoudite jusqu'au moment où il fut emmené en captivité en Assyrie et Juda, plus tard, à Babylone. Pour étayer "scientifiquement" cette affirmation, le livre se réfère aux découvertes archéologiques. Pour tous
Col. préc. les lieux bibliques, on présente, en contrepartie , en Arabie Saoudite, des sites de fouilles archéologiques. Quand, plus tard, les juifs obtinrent la permission de rentrer de leur exil, d'autres peuples auraient pris possession du pays qu'ils avaient quitté. C'est pourquoi, il leur était impossible d'y retourner. Dans leur embarras, les juifs auraient cherché une alternative et se seraient décidés à entrer dans le pays de Canaan. Ainsi, la colonisation de cette terre de Canaan n'aurait été que de courte durée, et le droit juif sur le pays serait plus que restreint. Sur l'arrière-plan des développements actuels, j'ai compris qu'il fallait voir là le but et la raison d'être de ce livre. Il est relativement facile d'établir de telles affirmations mensongères. En effet, en Arabie Saoudite, les vérifications scientifiques sont impossibles, car les étrangers n'y sont pas libres de leurs mouvements.
       Il n'est pas besoin d'évoquer ici l'absurdité de toute cette théorie. Mais il est évident que l'on essaye par tous les moyens de contester le droit à l'existence d'Israël. Peut-être bon nombre de nos lecteurs se diront-ils: le tout est absolument absurde; c'est pourquoi c'est perdre son temps que de s'en occuper. Mais on perd de vue que, par de telles théories pseudo-scientifiques, la Bible est remise en question et sa crédibilité minée. C'est manifestement le but qui doit être atteint par le moyen de semblables publications. La critique de la Bible a encouragé ces affirmations débridées. La même chose se produit actuellement dans l'archéologie moderne, où l'on n'essaie plus, comme par le passé, de comprendre et d'expliquer les informations bibliques; on veut même prouver quelles ne contiennent que sagas et légendes.
        Mais Dieu soit loué, il y a encore des théologiens et des archéologues pieux qui, toujours tout à nouveau, apportent des preuves que la Bible a raison, qu'elle reste le livre d'histoire le plus sûr et que les attaques, sous déguisement scientifique, visant sa crédibilité, sont démasquées pour montrer ce qu'elles sont en réalité.


Dans le prochain journal, vous pourrez lire: "L'attaque de l'Islam contre la vérité de la Bible".
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