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NAISSANCE D'UN PLEUPLE |
| REGARDS VERS LE PASSÉ |
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Près de trente années se sont écoulées depuis la naissance d'Israël. Une fois de plus, Ben Gourion (photo à droite) se retrouve simple citoyen à Sdé Boker. Néanmoins, il mène une vie politique active et préside encore à la direction de son parti.
Mais, bien qu'octogénaire, Ben Gourion se refuse à être relégué dans les archives du passé. Débordant de vitalité, il continue de se battre pour les idéaux qui lui sont chers. Parcourant
un jour ce petit pays qu'il aime, le vieil homme fut étonné des
changements survenus depuis soixante ans lorsque, jeune et ardent
pionnier, il débarquait venant de Plonsk. Le
port de Jaffa, où il avait accosté pour la première fois, n'avait pas
changé. Mais depuis longtemps, les habitants arabes avaient fui,
abandonnant la ville aux immigrants juifs. Là
où se dressaient des dunes de sable désertes s'étend maintenant une
trépidante cité moderne de plus de 500 000 habitants avec ses grands
immeubles, ses hôtels, ses bureaux, ses magasins, ses théâtres, ses
boulevards ombragés et ses promenades en bordure de la Méditerranée. Ben
Gourion se souvenait aussi de sa marche à travers la plaine côtière
lorsque, constamment à l'affût des voleurs, il contournait les
marécages infestés de moustiques et les villages arabes hostiles.
Maintenant, la plaine de Sharon, entre Tel-Aviv et le grand port de
Haïfa, était la région la plus peuplée du pays. Il
pouvait conduire sur des kilomètres le long des fertiles plantations de
citronniers, de champs irrigués, de vergers et de vignobles jalonnés
d'actives bourgades et de stations balnéaires. A
Haïfa, il pouvait être transporté à toute allure à bord d'un
funiculaire jusqu'au sommet du mont Carmel et apercevoir tout en bas les
paquebots mouillés dans la baie. Il
circulait en auto sur les grandes routes qui traversent les collines de
Galilée, dépassant des villages arabes et juifs qui coexistaient
pacifiquement. Cependant,
il lui était pénible d'évoquer son passé plein de dangers alors que,
isolé de toute communication, il dépierrait avec ses compagnons les
champs de Séjéra ou qu'il montait la garde à cheval. Comme
il était facile maintenant de se rendre de Tel-Aviv à Jérusalem. Un peu
plus d'une heure en voiture. Aux yeux de Ben Gourion tout cela tenait
encore du miracle. Au
cours des combats de 1948, le secteur juif de Jérusalem, investi par
l'ennemi, s'était trouvé isolé et sans vivres. Ben Gourion avait dû
ordonner à la Haganah de se frayer un chemin à travers les passages de
montagne et d'y lancer des convois de ravitaillement. Aujourd'hui,
encore, l'on peut voir, gisant sur les bas-côtés de la route, des
carcasses de camions entièrement calcinées et demeurées là à titre de
souvenir. Mais
grâce à cette audacieuse opération, le corridor qui relie à travers
les collines de Judée la plaine côtière et Jérusalem est à l'abri de
tout danger. Les
hauteurs qui surplombent la route ont été bordées de nouveaux villages,
dont on aperçoit le jour les murs blancs aux toits rouges et luisants
tandis que dans la nuit scintillent les lumières des maisons. Un
moment l'on s'était demandé si un quelconque secteur de la ville devait
faire partie de l'État Juif. Lorsque la guerre d'Indépendance fut
gagnée, la vieille cité se trouvait encore entre les mains arabes (elle
est demeurée en territoire jordanien jusqu'à sa récente annexion par
Israël en 1967). A
cette époque, Ben Gourion avait hardiment déclaré Jérusalem capitale
de l'État d'Israël et y avait établi le siège du gouvernement. Là se trouvent la Knesset, les différents ministères, l'université hébraïque, le musée national, le mémorial dédié aux victimes du nazisme, le centre médical Hadassah et sur une hauteur, le jardin où repose Théodore Herzl.
Ben
Gourion est fier que toutes ces réalisations aient vu le jour sous un
gouvernement démocratique. Il sait que la liberté est un bien précieux
et fragile. Trop d'États anciens et nouveaux subissaient la dictature
d'un seul chef ou d'un parti unique et ne permettaient aucune opposition
déclarée. En
Israël, par contre, tous les citoyens sont égaux en droit et peuvent
exprimer librement leurs opinions par voie de presse ou dans des réunions
publiques, même s'il s'agit de critiques à l'égard du gouvernement. L'élection
des membres de la Knesset se fait au scrutin secret, puis les partis
concurrents se partagent les cent vingt sièges du Parlement. Ben
Gourion éprouve un intérêt particulier envers les jeunes qui
grandissent en Israël. C'est à eux qu'incombera la direction de la
nation après que lui-même et les autres fondateurs de l'État auront
disparu. Rien
ne lui donne une si grande joie que le spectacle des petits riant dans les
jardins d'enfants et jouant sous le soleil, ou celui des groupes de jeunes
gens partis en excursion à travers les collines, sac au dos et bonnet
bleu sur la tête, ou encore le défilé de soldats, le teint hâlé,
s'entraînant à la marche. II sait que tous ces jeunes incarnent la
première génération moderne ayant grandi sur un territoire juif
indépendant. Ces
nouveaux citoyens n'ont aucune expérience de l'antisémitisme et des
complexes dont ont souffert les minorités juives dans le monde. Les
jeunes Israéliens tiennent comme allant de soi tout ce pourquoi
l'ancienne génération a si vaillamment lutté : le statut de l'État, la
législation du travail, le choix de l'hébreu. Sans doute, l'idéal
pionnier n'a-t-il plus pour eux ce caractère de défi à la nature et à
l'histoire qu'il représentait dans le passé. D'ailleurs, un État
moderne demande des compétences autres qu'agricoles. Aussi, un grand
nombre d'Israéliens préfèrent-ils se rendre à l'université et devenir
médecins, chercheurs scientifiques, ingénieurs, fonctionnaires du
gouvernement ou agents d'affaires. Que
la jeunesse veuille se rendre utile au pays, voilà l'essentiel. C'est
pourquoi, l'esprit civique doit être enseigné dans les écoles, pensait
Ben Gourion, pour qui l'instruction vient en seconde place parmi les
tâches les plus importantes du gouvernement, après les impératifs de la
défense. Mais
au-dessus de tout, il plaçait l'idéal sioniste qui avait nourri son
enfance à Plonsk, idéal jamais oublié et qu'il avait porté en son cœur
à bord du navire qui le menait d'Odessa en Palestine. Israël, se
disait-il, ne doit pas être un petit État pareil aux autres. Ii doit
constituer un foyer national pour les Juifs du monde entier et garder ses
portes toujours ouvertes à ceux d'entre eux qui cherchent une patrie. Pour
les millions de Juifs vivant dans des pays libres, Israël restera un
centre religieux et culturel, un lieu qu'ils pourront visiter avec
fierté. L'État conservera vivant le patrimoine juif. I1 rappellera aux
descendants les liens qui depuis quatre mille ans les rattachent à la
terre d'Israël. Aux yeux de Ben Gourion et de ses concitoyens, le passé biblique resurgit à nouveau, incarné dans le présent. La nation d'Israël est retournée à ses origines, ainsi que le Seigneur l'avait promis voici des millénaires. |
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TERRE DE LA BIBLE
Non loin
de Nazareth où joue de la flûte Ben Gourion
n'est pas un homme religieux, au sens orthodoxe du terme. Cependant, il
reste un lecteur passionné de l'Ancien Testament et du Talmud, somme des
commentaires de la Bible établie par les rabbins et les sages d'Israël. Encore
Premier ministre, il se rendait chaque semaine à Jérusalem pour assister
à un séminaire d'études bibliques où il aimait à soutenir des
controverses avec les érudits. Le passé
biblique resurgit à tout moment sur cette terre, qui jadis abrita le
séjour des prophètes et le règne des rois hébreux. Un bref
parcours en voiture permet à chacun de visiter ces lieux dont le nom est
familier à des millions d'hommes répandus de par le monde : Jérusalem,
Nazareth, le mont Carmel, la mer de Galilée, le Jourdain. Certaines
de ces localités qui occupent le même site de nos jours, ont donné leur
nom à de villages nouvellement construits. L'hébreu,
langue originelle de la Bible, est à nouveau le parler quotidien du
peuple d'Israël. Partout en
Israël, les bêches des archéologues mettent à nu ce passé. Elles
fendent les petites collines aux sommets en terrasse où des villes se
trouvent toujours ensevelies. Les strates superposées recèlent jusqu'à
douze périodes historiques, et davantage. Les murs de
palais et de forteresses, contemporains du roi Salomon, ou parfois
antérieurs, ont été exhumés puis reconstruits par les archéologues. A
partir d'habitations, de citernes, d'autels, de tombeaux, de pavements de
synagogues, de pièces de monnaie, d'inscriptions, d'objets en métal,
d'os et de cendres, ils ont reconstitué la Vie quotidienne de
communautés disparues voici des millénaires. La
découverte la plus sensationnelle jamais effectuée dans la science
biblique a été la mise au jour des rouleaux de la mer Morte. Ils turent
trouvés, en 1947, par un jeune Bédouin qui poursuivait une chèvre
égarée dans une grotte. Lorsque les experts descellèrent les jarres en
argile et déplièrent les rouleaux qu'elles contenaient ils purent
identifier des écrits hébreux de la Bible datant de l'époque de Jésus Le plus
ancien manuscrit hébraïque des Écritures jamais connu auparavant datait
du Xème siècle après Jésus-Christ. Quelle émotion pour ces
Israéliens que de voir ressusciter par l'écriture la vie de leurs
ancêtres. Ben Gourion avait souvent médité sur l'extraordinaire
histoire de son peuple, aujourd'hui encore source inépuisable
d'enseignements pour la nation d'Israël. C'est sur cette bande de terre
fertile, resserrée entre la Méditerranée et le désert, que les
Hébreux firent pour la première fois leur apparition dans l'Histoire. D'après
l'Ancien Testament, le premier fondateur de la nation se nommait Abraham
et il venait de la ville dUr, en Chaldée (Mésopotamie). Alors qu'il
portait ses pas en direction de l'ouest, il entendit la promesse du
Seigneur: « Car toute cette terre que tu vois, à toi je la donnerai, et
à ta semence à jamais. » C'est ainsi que la terre de Canaan revint à
sa descendance. Suivi de
Sara, sa femme, de Lot, son neveu, de ses disciples, de ses serviteurs et
de ses troupeaux, il traversa le Jourdain. A cette époque, le pays était
occupé par un certain nombre de petites tribu cananéennes, gouvernée
chacune par un roi. La Bible décrit les relations qu'entretint Abraham
avec ses autochtones. Elle relate ensuite l'histoire de son fils Isaac, de
son petit-fils Jacob et celle des fils de Jacob, qui, plus tard,
donnèrent leurs noms aux douze tribus d'Israël. L'autre
grande figure de l'épopée biblique fut Moïse, qui mena hors d'Égypte
les enfants d'Israël, esclaves du Pharaon. Chaque année, au cours de la
fête de Pâques, les Juifs célèbrent cette libération. Avant le repas
cérémoniel, chacun lit en famille des passages de la Bible: l'épisode
des dix plaies d'Égypte que Dieu infligea au Pharaon et à son peuple,
puis le récit du miracle de la mer Rouge, lorsque, s'écartant pour
laisser passage aux Hébreux, les eaux se refermèrent sur leurs
poursuivants. C'est
pendant son errance de quarante années dans le désert, aux côtés du
peuple hébreu, que Moïse reçut de Dieu les Dix Commandements, qui
demeurent le fondement de la Loi hébraïque. Après la
mort de Moïse, les Hébreux atteignirent enfin la Terre promise sous la
conduite de Josué, son successeur. Les douze
tribus se partagèrent le pays et les hommes, abandonnant leur existence
de pasteurs itinérants, s'y établirent comme agriculteurs. Ils durent
souvent se défendre contre des voisins hostiles. Gédéon parvint à
chasser les Madianites, nomades du désert, tandis que Samson
accomplissait de retentissants exploits contre les Philistins, originaires
des îles grecques. Deux
souverains remarquables, David et Salomon, son fils, unifièrent le pays
en un seul royaume. Mais, à la mort de Salomon, au Xème
siècle avant Jésus-Christ, le royaume fut divisé en deux, celui de Juda
au sud, avec pour capitale Jérusalem, celui d'Israël au nord, avec pour
capitale Samarie. Affaiblis par leur rivalité et leurs dissensions
internes, ils tombèrent aux mains des envahisseurs et la plupart des
Juifs furent emmenés en captivité à Babylone. C'est au cœur
de cette période tragique et troublée que les prophètes Élie, Amos,
Isaïe et Jérémie délivrèrent leurs fulgurants messages. Sur le mur de
pierre se dressant face à l'édifice des Nations Unies, à New York, sont
gravées les paroles de paix prophétisées par Isaïe : Et ils forgeront leurs épées
en socs de charrues Et leurs lances deviendront
des émondoirs. Une nation ne lèvera plus l'épée contre une
nation et elles n'apprendront plus la guerre. En 538
avant Jésus-Christ, Cyrus, fondateur de l'empire perse, s'empara de
Babylone et permit aux Hébreux de retourner dans leur patrie. Ils
commencèrent alors à reconstruire Jérusalem et le second Temple. Une
autre migration eut lieu au Vème siècle ayant Jésus-Christ.
Ces deux événements se trouvent consignés
dans les Livres d'Ezra et de Jérémie. Vingt-cinq siècles plus tard, des
pionniers sionistes tel Ben Gourion se souviendront que, déjà à
l'époque de Néhémie, les Juifs avaient à se défendre, tandis qu'ils
s'adonnaient à leurs travaux. Et chaque
bâtisseur avait ceint son épée au côté et ainsi il bâtissait. |
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Image du judaïsme antique. Un patriarche bénissant un jeune berger. |
En 332
avant Jésus-Christ, sous la poussée d'un conquérant étranger, la
Palestine perdit à nouveau son indépendance. Il s'agissait d'Alexandre le Grand, « l'enfant prodige », général à seize ans, maître du monde à 21 ans. A sa mort, un de ses capitaines préserva la partie orientale de son empire qui comprenait la Palestine. Les Grecs imposèrent dès lors leurs coutumes et leur religion. Un des archontes locaux tenta d'abolir la religion juive. II transforma le Temple de Jérusalem en un sanctuaire païen, tandis que des porcs étaient offerts en sacrifice sur l'autel sacré. En outre, il interdit sous peine de sanction l'observance du Sabbat (le repos du septième jour) et la pratique de la circoncision. Mais les Juifs s'insurgè- |
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rent contre
cette atteinte à leurs traditions. Une terrible révolte s'ensuivit,
conduite par Juda Macchabée et ses quatre frères. Après s'être emparé
de Jérusalem, les Macchabées pénétrèrent dans le Temple et y
rallumèrent la flamme consacrée au Dieu unique. Jusqu'à nos jours, cet
événement est chaque année célébré par les Juifs au cours de la
fête de Hanoukkas, ou fête des lumières. Les
Macchabées fondèrent une nouvelle dynastie royale, celle des Asmonéens,
qui dura quatre-vingts ans, jusqu'à l'annexion du pays par Rome. La
Palestine devint alors la province romaine de Judée. Par deux fois, les
Juifs s'insurgèrent contre cette domination et par deux fois, la
rébellion fut matée dans un bain de sang. Occupée
par des envahisseurs successifs, la Palestine ne devait retrouver son
indépendance qu'en 1948, avec la création de l'État d'Israël. Un
événement, peu remarqué à cette époque, allait avoir un
retentissement considérable dans l'histoire. religieuse du monde. Cela se
passait en Galilée, au début de la colonisation romaine. A
"Nazareth, dans la famille d'un pauvre charpentier juif, un enfant
était rué. Il s'appelait Jésus. Jeune homme, il s'en allait porter la
bonne parole aux pêcheurs de Galilée et aux humbles travailleurs du
peuple. Comme il stigmatisait sans cesse le
luxe des riches et l'orgueil des puissants, les classes dirigeantes le
dénoncèrent aux autorités d'occupation. Il fut alors condamné à mort
et crucifié par ordre du gouverneur romain Ponce Pilate. Quelques années
plus tard, les enseignements de Jésus, consignés dans les Évangiles et
prêchés par saint Paul, au long de ses périples, donnèrent naissance
à une nouvelle religion : le Christianisme. Depuis
lors, jusqu'aux temps modernes, la Palestine fut livrée aux mains
étrangères. Après la domination romaine et byzantine qui dura plus de
six siècles, le pays fut occupé par les successeurs de Mahomet, venus
d'Arabie. II connut ensuite l'assaut des croisés, qui s'établirent en
Terre sainte, durant deux cents ans. Au xvème
siècle, Constantinople tomba sous le joug des Turcs Ottomans. Ceux-ci
annexèrent plus tard la Palestine, laquelle fut gouvernée pendant près
de quatre cents ans par une succession de pachas nommés par les sultans
de Constantinople. En 1799,
remontant la côte par l'Égypte, Napoléon Bonaparte et son armée mirent
le siège devant Acre mais durent battre en retraite. La
domination turque prit fin durant la Première Guerre mondiale et le pays
fut alors placé sous Mandat britannique. Résistant à tous ces
bouleversements, une petite colonie juive continua de vivre dans cette
région. Soumis à des maîtres étrangers, les Juifs se consacrèrent au
commerce et à l'artisanat, ainsi qu'à l'étude des livres sacrés. Au
Moyen Age, ils se groupèrent dans les quatre villes saintes de
Jérusalem, de Tibériade, de Safed et d'Hébron. Depuis
l'occupation romaine, la plupart des Juifs avaient quitté la Palestine.
Un centre juif très important se constitua à Babylone, dans l'Irak
actuel. Plus tard, sous la domination arabe, les Juifs formèrent en
Espagne une communauté florissante, mais ils furent persécutés par les
rois catholiques après la conquête du pays. Beaucoup durent abjurer leur
foi et ceux qui refusèrent la conversion périrent sur les bûchers
dressés par l'Inquisition espagnole. En 1942,
année où Christophe Colomb découvrit l'Amérique les Juifs furent
expulsés d'Espagne. La plupart
des Juifs espagnols, les Séphardis, s'installèrent sur le pourtour
oriental de la Méditerranée, tandis que des milliers d'entre eux
rejoignaient la Terre sainte. D'autres
trouvèrent refuge en Angleterre et en Hollande. Amsterdam abrita une
colonie juive fort prospère. Et parmi les Juifs de cette époque,
certains figurent sur les tableaux du grand peintre Rembrandt. Au Moyen
Age, les Juifs essaimèrent aussi en Allemagne, où ils se heurtèrent à
l'ostracisme des princes et des nobles. Ne pouvant acquérir de terres, ni
porter les armes, ils ne purent exercer les deux principales activités de
l'époque, l'agriculture et la guerre. C'est
pourquoi, ils se firent commerçants et banquiers, vivant sous la
protection des nobles aussi longtemps qu'ils leur furent de quelque
utilité. De temps à
autre éclataient d'effroyables pogromes. La foule déchaînée
poursuivait alors et massacrait les Juifs, mettant le feu à leurs maisons
et à leurs synagogues. Aux XVème
et XVIème siècles,
les Juifs allemands immigrèrent vers l'est, en Pologne et en Russie, car
ces pays, émergeant de l'époque féodale, avaient besoin de leurs
connaissances commerciales et financières. Cependant,
là encore, se répétèrent les mêmes réactions antisémites.
Indésirables dans certaines régions, les Juifs de Pologne et de Russie
vécurent, presque toujours, dans l'insécurité et la pauvreté. Vint la
Révolution française qui proclama les idéaux de : « Liberté,
Égalité, Fraternité » pour tous les hommes, mais en Russie, l'État
s'opposa à tout libéralisme. C'est ainsi qu'au début du XIXème
siècle, un grand nombre de Juifs s'embarqua vers le Nouveau Monde. Pendant les
deux mille ans que dura leur dispersion, les Juifs gardèrent l'ardente
nostalgie de leur patrie. C'est la religion juive qui maintint vivant le
lien entre le peuple et la terre. En
Allemagne et en Russie, les Juifs continuèrent à célébrer les fêtes
religieuses liées à la vie agricole des habitants de l'ancienne
Palestine, telle que la fête de Soukkoth ou des Tabernacles, consacrant
les récoltes de l'automne lorsque, en Israël, sont attendues les pluies
d'hiver. Au cours de
la cérémonie de Soukkoth, les Juifs pieux du monde entier construisent
des cabanes couvertes de feuillage où se tiendront les repas. Dans les
synagogues, les fidèles forment des processions et, tenant à la main des
branches de citronniers et de palmiers, nouées entre elles par des
brindilles d'osier et de myrte, récitent des prières spéciales pour que
vienne la pluie. Les Juif,
religieux crevaient qu'à l'heure de son choix, Dieu enverrait le Messie
pour les ramener en terre d'Israël. De temps en temps, dans les ghettos
de l'Europe médiévale, des rumeurs se répandent annonçant l'apparition
du Messie. Alors, quelques Juifs pliaient bagage et s'en allaient à sa
rencontre. La plus
spectaculaire de ces flambées messianiques éclata en 1665, lorsqu'un
certain Sabbataï Zévi se présenta devant les Juifs de Smyrne en
Turquie, comme le Messie attendu par Israël. Une vague
d'exaltation souleva les communautés juives, gagnant jusqu'aux riches
marchands d'Amsterdam. Mais cette ferveur mystique s'éteignit soudain
lorsque, arrêté par le sultan des Turcs, le faux messie se convertit à
l'Islam pour sauver sa vie. Le
mouvement sioniste qui prit son essor en Russie au XIXème
siècle, apporta une réponse plus réaliste à cette antique aspiration. Les Juifs
n'attendraient plus le Messie et retourneraient d'eux mêmes à Sion.
Théodore Herzl avait prophétisé : « Si vous le voulez, ce ne sera pas
un rêve. » A sa mort, jeunes hommes et jeunes femmes de la seconde
Aliyah se mirent en route afin de bâtir, par leur travail et leur sueur,
ce rêve passionné. Parmi eux se trouvait Ben Gourion. Les
soixante années qui suivirent ont été sans doute les plus mouvementées
et les plus dramatiques des quatre millénaires de l'histoire juive. Ce furent successivement l'aventure des pionniers, le bouleversement de la Première Guerre mondiale, la Déclaration Balfour et le Mandat britannique, l'ascension de Hitler et le génocide des Juifs, la Seconde Guerre mondiale, l'Aliyah Bet, la décision des Nation Unies, la proclamation de l'État, l'immigration des masses juives, la campagne du Sinaï en 1956. le conflit de 1967 et, par‑dessus tout, l'extraordinaire croissance d'Israël. La tâche n'est pas encore terminée et des dangers menacent encore la jeune nation. Mais après un exil millénaire, le Peuple du Livre mène à nouveau une existence libre sur la terre de la Bible. |
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| POSTFACE | |
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LA
CRISE latente qui persistait entre les États arabes et Israël devait à
nouveau se dénouer par les armes, au cours d'un troisième combat que
certains ont surnommé !a guerre
des six jours. Les causes
immédiates de ce conflit remontent au mois d'avril 1967, alors que les
commandos syriens du groupe El Fatah
se livrent à des raids incessants en territoire israélien.
Israël riposte en bombardant Damas et menace de renverser le régime
syrien pour mettre fin aux incursions terroristes. En Égypte, le président Nasser, informé qu'Israël concentre des troupes à la frontière syrienne, décide, par souci de prestige, d'intervenir. Tandis que les troupes égyptiennes atteignent la frontière d'Israël dans le Sinaï, Nasser demande le retrait des forces de l'O.N.U.— U. Thant, secrétaire général de cet organisme, accède à sa requête et le 21 mai, les forces égyptiennes remplacent les « casques bleus » à Charm El-cheikh, près du détroit de Tiran, et ferment le golfe d'Akaba. |
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| Poursuivant l'œuvre oecuménique de Jean XXIII, le pape Paul VI s'est rendu en Terre sainte. Le voici accueilli par la délégation israélienne lors de son récent pèlerinage en 1964. | |
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Le 22 mai,
le président Nasser annonce le blocus du détroit de Tiran. Quelque temps
plus tard, le ralliement du roi Hussein de Jordanie à la cause arabe
vient achever l'encerclement militaire d'Israël. C'est alors que, le 5 juin au matin, à 7 h (heure française), Israël déclenche l'offensive. Évitant le faisceau des radars égyptiens, les pilotes israéliens, écrasent au sol la majeure partie de l'aviation égyptienne. Privés de couverture aérienne, les blindés et les troupes de l'ennemi sont pilonnés et mis en déroute dans le désert. Le 7 juin, la Jordanie accepte un cessez-le-feu, suivie le lendemain par la R.A.U. et la Syrie. Le 9 juin, c'est la dramatique démission du président Nasser, qui reprend aussitôt le pouvoir. La troisième guerre israélo-arabe est terminée. Victorieux et rescapé d'une destruction totale, Israël se trouve agrandi de nombreux territoires : La vieille Jérusalem (annexée par la Knesset en 1967), le Sinaï, Gaza, la Cisjordanie et la zone de Kuneitra en Syrie.
A l'heure qu'il est, en l'absence de toute solution politique, pourtant hautement souhaitable, de fréquentes et violentes escarmouches se déroulent un peu partout en Israël mais principalement dans la bande de Gaza, à Jérusalem-est, à Hébron et à Tel-Aviv...
Ce texte date d'une trentaine d'années environ et qu'en est-il aujourd'hui... Rien n'a changé sinon que la situation a empirée et nous savons, selon les déclarations de la Bible que ce conflit se terminera dans un bain de sang... Cependant, nous savons aussi que les ennemis d'Israël seront vaincus par le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs : JÉSUS-CHRIST en personne qui écrasera toutes les nations qui seront venues combattrent le peuple élu de Dieu.-----------------------------------------------------------------------------------FRéagir à cet article |
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| Date de mise à jour de cette page si nécessaire : samedi, 26. janvier 2008 16:53 | |