Voici une petite rétrospective résumée depuis la fin du XIXème siècle à une trentaine d'année après sa création en 1948. Un document plus conséquent est en cours de réalisation. Ce document traitera d'évènements plus récents et évoquera aussi le problème palestinien

REGARDS VERS LE PASSÉ

Près de trente années se sont écoulées depuis la naissance d'Israël. Une fois de plus, Ben Gourion (photo à droite) se retrouve simple citoyen à Sdé Boker. Néanmoins, il mène une vie politique active et préside encore à la direction de son parti.

Isaac Ben Zvi. Président du Conseil provisoire du gouvernement en 1948, il signa la Déclaration d'Indépendance et fut président de l'État d'Israël de 1952 à 1963.

Ben Gourion. Homme d'action et de grande culture, il servit avec une indomptable énergie la cause sioniste avant de présider durant quinze années aux destinées d'Israël.

Mais, bien qu'octogénaire, Ben Gourion se refuse à être relégué dans les archives du passé. Débordant de vitalité, il continue de se battre pour les idéaux qui lui sont chers.

Quel que soit leur sentiment à l'égard de ses idées, il demeure aux yeux de ses concitoyens le fondateur de l'État et son chef le plus prestigieux. Sa place dans l'histoire de la nation se trouve désormais assurée.

Parcourant un jour ce petit pays qu'il aime, le vieil homme fut étonné des changements survenus depuis soixante ans lorsque, jeune et ardent pionnier, il débarquait venant de Plonsk.

Le port de Jaffa, où il avait accosté pour la première fois, n'avait pas changé. Mais depuis longtemps, les habitants arabes avaient fui, abandonnant la ville aux immigrants juifs.

Là où se dressaient des dunes de sable désertes s'étend maintenant une trépidante cité moderne de plus de 500 000 habitants avec ses grands immeubles, ses hôtels, ses bureaux, ses magasins, ses théâtres, ses boulevards ombragés et ses promenades en bordure de la Méditerranée.

Ben Gourion se souvenait aussi de sa marche à travers la plaine côtière lorsque, constamment à l'affût des voleurs, il contournait les marécages infestés de moustiques et les villages arabes hostiles. Maintenant, la plaine de Sharon, entre Tel-Aviv et le grand port de Haïfa, était la région la plus peuplée du pays.

Il pouvait conduire sur des kilomètres le long des fertiles plantations de citronniers, de champs irrigués, de vergers et de vignobles jalonnés d'actives bourgades et de stations balnéaires.

A Haïfa, il pouvait être transporté à toute allure à bord d'un funiculaire jusqu'au sommet du mont Carmel et apercevoir tout en bas les paquebots mouillés dans la baie.

Il circulait en auto sur les grandes routes qui traversent les collines de Galilée, dépassant des villages arabes et juifs qui coexistaient pacifiquement.

Cependant, il lui était pénible d'évoquer son passé plein de dangers alors que, isolé de toute communication, il dépierrait avec ses compagnons les champs de Séjéra ou qu'il montait la garde à cheval.

Comme il était facile maintenant de se rendre de Tel-Aviv à Jérusalem. Un peu plus d'une heure en voiture. Aux yeux de Ben Gourion tout cela tenait encore du miracle.

Au cours des combats de 1948, le secteur juif de Jérusalem, investi par l'ennemi, s'était trouvé isolé et sans vivres. Ben Gourion avait dû ordonner à la Haganah de se frayer un chemin à travers les passages de montagne et d'y lancer des convois de ravitaillement.

Aujourd'hui, encore, l'on peut voir, gisant sur les bas-côtés de la route, des carcasses de camions entièrement calcinées et demeurées là à titre de souvenir.

Mais grâce à cette audacieuse opération, le corridor qui relie à travers les collines de Judée la plaine côtière et Jérusalem est à l'abri de tout danger.

Les hauteurs qui surplombent la route ont été bordées de nouveaux villages, dont on aperçoit le jour les murs blancs aux toits rouges et luisants tandis que dans la nuit scintillent les lumières des maisons.

Un moment l'on s'était demandé si un quelconque secteur de la ville devait faire partie de l'État Juif. Lorsque la guerre d'Indépendance fut gagnée, la vieille cité se trouvait encore entre les mains arabes (elle est demeurée en territoire jordanien jusqu'à sa récente annexion par Israël en 1967).

A cette époque, Ben Gourion avait hardiment déclaré Jérusalem capitale de l'État d'Israël et y avait établi le siège du gouvernement.

Là se trouvent la Knesset, les différents ministères, l'université hébraïque, le musée national, le mémorial dédié aux victimes du nazisme, le centre médical Hadassah et sur une hauteur, le jardin où repose Théodore Herzl.

Une extraordinaire vue aérienne prise par le satellite américain Gemini XI

Plus au sud, dans le Néguev, sur les lieux même où vit Ben Gourion, le vert des cultures et des arbres gagne sans cesse sur l'étendue ocre du désert. Partout, ses yeux rencontrent de nouveaux chantiers, villes et villages, fermes et usines, grandes routes, canalisations électriques et tuyaux d'irrigation.

Ben Gourion est fier que toutes ces réalisations aient vu le jour sous un gouvernement démocratique. Il sait que la liberté est un bien précieux et fragile. Trop d'États anciens et nouveaux subissaient la dictature d'un seul chef ou d'un parti unique et ne permettaient aucune opposition déclarée.

En Israël, par contre, tous les citoyens sont égaux en droit et peuvent exprimer librement leurs opinions par voie de presse ou dans des réunions publiques, même s'il s'agit de critiques à l'égard du gouvernement.

L'élection des membres de la Knesset se fait au scrutin secret, puis les partis concurrents se partagent les cent vingt sièges du Parlement.

Ben Gourion éprouve un intérêt particulier envers les jeunes qui grandissent en Israël. C'est à eux qu'incombera la direction de la nation après que lui-même et les autres fondateurs de l'État auront disparu.

Rien ne lui donne une si grande joie que le spectacle des petits riant dans les jardins d'enfants et jouant sous le soleil, ou celui des groupes de jeunes gens partis en excursion à travers les collines, sac au dos et bonnet bleu sur la tête, ou encore le défilé de soldats, le teint hâlé, s'entraînant à la marche. II sait que tous ces jeunes incarnent la première génération moderne ayant grandi sur un territoire juif indépendant.

Ces nouveaux citoyens n'ont aucune expérience de l'antisémitisme et des complexes dont ont souffert les minorités juives dans le monde.

Les jeunes Israéliens tiennent comme allant de soi tout ce pourquoi l'ancienne génération a si vaillamment lutté : le statut de l'État, la législation du travail, le choix de l'hébreu. Sans doute, l'idéal pionnier n'a-t-il plus pour eux ce caractère de défi à la nature et à l'histoire qu'il représentait dans le passé. D'ailleurs, un État moderne demande des compétences autres qu'agricoles. Aussi, un grand nombre d'Israéliens préfèrent-ils se rendre à l'université et devenir médecins, chercheurs scientifiques, ingénieurs, fonctionnaires du gouvernement ou agents d'affaires.

Que la jeunesse veuille se rendre utile au pays, voilà l'essentiel. C'est pourquoi, l'esprit civique doit être enseigné dans les écoles, pensait Ben Gourion, pour qui l'instruction vient en seconde place parmi les tâches les plus importantes du gouvernement, après les impératifs de la défense.

Mais au-dessus de tout, il plaçait l'idéal sioniste qui avait nourri son enfance à Plonsk, idéal jamais oublié et qu'il avait porté en son cœur à bord du navire qui le menait d'Odessa en Palestine. Israël, se disait-il, ne doit pas être un petit État pareil aux autres. Ii doit constituer un foyer national pour les Juifs du monde entier et garder ses portes toujours ouvertes à ceux d'entre eux qui cherchent une patrie.

Pour les millions de Juifs vivant dans des pays libres, Israël restera un centre religieux et culturel, un lieu qu'ils pourront visiter avec fierté. L'État conservera vivant le patrimoine juif. I1 rappellera aux descendants les liens qui depuis quatre mille ans les rattachent à la terre d'Israël.

Aux yeux de Ben Gourion et de ses concitoyens, le passé biblique resurgit à nouveau, incarné dans le présent. La nation d'Israël est retournée à ses origines, ainsi que le Seigneur l'avait promis voici des millénaires.

TERRE DE LA BIBLE

Voici la Galilée, terre de l'Évangile.

Non loin de Nazareth où se réfugia Jésus, un jeune Bédouin,

 joue de la flûte en gardant ses moutons

Ben Gourion n'est pas un homme religieux, au sens orthodoxe du terme. Cependant, il reste un lecteur passionné de l'Ancien Testament et du Talmud, somme des commentaires de la Bible établie par les rabbins et les sages d'Israël.

Encore Premier ministre, il se rendait chaque semaine à Jérusalem pour assister à un séminaire d'études bibliques où il aimait à soutenir des controverses avec les érudits.

Le passé biblique resurgit à tout moment sur cette terre, qui jadis abrita le séjour des prophètes et le règne des rois hébreux.

Un bref parcours en voiture permet à chacun de visiter ces lieux dont le nom est familier à des millions d'hommes répandus de par le monde : Jérusalem, Nazareth, le mont Carmel, la mer de Galilée, le Jourdain.

Certaines de ces localités qui occupent le même site de nos jours, ont donné leur nom à de villages nouvellement construits.

L'hébreu, langue originelle de la Bible, est à nouveau le parler quotidien du peuple d'Israël. A l'école, les enfants apprennent dans l'Ancien Testament, en même temps que les Saintes Écritures, la géographie et l'histoire de leur pays Chaque nouvel immigrant sent profondément qu'il ne foule pas un sol vierge d'histoire mais une terre lourde d'un passé ancestral.

Partout en Israël, les bêches des archéologues mettent à nu ce passé. Elles fendent les petites collines aux sommets en terrasse où des villes se trouvent toujours ensevelies. Les strates superposées recèlent jusqu'à douze périodes historiques, et davantage.

Les murs de palais et de forteresses, contemporains du roi Salomon, ou parfois antérieurs, ont été exhumés puis reconstruits par les archéologues. A partir d'habitations, de citernes, d'autels, de tombeaux, de pavements de synagogues, de pièces de monnaie, d'inscriptions, d'objets en métal, d'os et de cendres, ils ont reconstitué la Vie quotidienne de communautés disparues voici des millénaires.

La découverte la plus sensationnelle jamais effectuée dans la science biblique a été la mise au jour des rouleaux de la mer Morte. Ils turent trouvés, en 1947, par un jeune Bédouin qui poursuivait une chèvre égarée dans une grotte. Lorsque les experts descellèrent les jarres en argile et déplièrent les rouleaux qu'elles contenaient ils purent identifier des écrits hébreux de la Bible datant de l'époque de Jésus

Le plus ancien manuscrit hébraïque des Écritures jamais connu auparavant datait du Xème siècle après Jésus-Christ. Quelle émotion pour ces Israéliens que de voir ressusciter par l'écriture la vie de leurs ancêtres. Ben Gourion avait souvent médité sur l'extraordinaire histoire de son peuple, aujourd'hui encore source inépuisable d'enseignements pour la nation d'Israël. C'est sur cette bande de terre fertile, resserrée entre la Méditerranée et le désert, que les Hébreux firent pour la première fois leur apparition dans l'Histoire.

D'après l'Ancien Testament, le premier fondateur de la nation se nommait Abraham et il venait de la ville dUr, en Chaldée (Mésopotamie). Alors qu'il portait ses pas en direction de l'ouest, il entendit la promesse du Seigneur: « Car toute cette terre que tu vois, à toi je la donnerai, et à ta semence à jamais. » C'est ainsi que la terre de Canaan revint à sa descendance.

Suivi de Sara, sa femme, de Lot, son neveu, de ses disciples, de ses serviteurs et de ses troupeaux, il traversa le Jourdain. A cette époque, le pays était occupé par un certain nombre de petites tribu cananéennes, gouvernée chacune par un roi. La Bible décrit les relations qu'entretint Abraham avec ses autochtones. Elle relate ensuite l'histoire de son fils Isaac, de son petit-fils Jacob et celle des fils de Jacob, qui, plus tard, donnèrent leurs noms aux douze tribus d'Israël.

L'autre grande figure de l'épopée biblique fut Moïse, qui mena hors d'Égypte les enfants d'Israël, esclaves du Pharaon. Chaque année, au cours de la fête de Pâques, les Juifs célèbrent cette libération. Avant le repas cérémoniel, chacun lit en famille des passages de la Bible: l'épisode des dix plaies d'Égypte que Dieu infligea au Pharaon et à son peuple, puis le récit du miracle de la mer Rouge, lorsque, s'écartant pour laisser passage  aux Hébreux, les eaux se refermèrent sur leurs poursuivants.

C'est pendant son errance de quarante années dans le désert, aux côtés du peuple hébreu, que Moïse reçut de Dieu les Dix Commandements, qui demeurent le fondement de la Loi hébraïque.

Après la mort de Moïse, les Hébreux atteignirent enfin la Terre promise sous la conduite de Josué, son successeur.

Les douze tribus se partagèrent le pays et les hommes, abandonnant leur existence de pasteurs itinérants, s'y établirent comme agriculteurs.

Ils durent souvent se défendre contre des voisins hostiles. Gédéon parvint à chasser les Madianites, nomades du désert, tandis que Samson accomplissait de retentissants exploits contre les Philistins, originaires des îles grecques.

Deux souverains remarquables, David et Salomon, son fils, unifièrent le pays en un seul royaume. Mais, à la mort de Salomon, au Xème siècle avant Jésus-Christ, le royaume fut divisé en deux, celui de Juda au sud, avec pour capitale Jérusalem, celui d'Israël au nord, avec pour capitale Samarie. Affaiblis par leur rivalité et leurs dissensions internes, ils tombèrent aux mains des envahisseurs et la plupart des Juifs furent emmenés en captivité à Babylone.

C'est au cœur de cette période tragique et troublée que les prophètes Élie, Amos, Isaïe et Jérémie délivrèrent leurs fulgurants messages. Sur le mur de pierre se dressant face à l'édifice des Nations Unies, à New York, sont gravées les paroles de paix prophétisées par Isaïe :

Et ils forgeront leurs épées en socs de charrues

Et leurs lances deviendront des émondoirs.

Une nation ne lèvera plus l'épée contre une nation et elles n'apprendront plus la guerre.

En 538 avant Jésus-Christ, Cyrus, fondateur de l'empire perse, s'empara de Babylone et permit aux Hébreux de retourner dans leur patrie.

Ils commencèrent alors à reconstruire Jérusalem et le second Temple. Une autre migration eut lieu au Vème siècle ayant Jésus-Christ. Ces deux événements se trouvent

consignés dans les Livres d'Ezra et de Jérémie. Vingt-cinq siècles plus tard, des pionniers sionistes tel Ben Gourion se souviendront que, déjà à l'époque de Néhémie, les Juifs avaient à se défendre, tandis qu'ils s'adonnaient à leurs travaux.

Et chaque bâtisseur avait ceint son épée au côté et ainsi il bâtissait.

Image du judaïsme antique. Un patriarche bénissant un jeune berger.

En 332 avant Jésus-Christ, sous la poussée d'un conquérant étranger, la Palestine perdit à nouveau son indépendance.

Il s'agissait d'Alexandre le Grand, « l'enfant prodige », général à seize ans, maître du monde à 21 ans. A sa mort, un de ses capitaines préserva la partie orientale de son empire qui comprenait la Palestine. 

Les Grecs imposèrent dès lors leurs coutumes et leur religion. Un des archontes locaux tenta d'abolir la religion juive. II transforma le Temple de Jérusalem en un sanctuaire païen, tandis que des porcs étaient offerts en sacrifice sur l'autel sacré. En outre, il interdit sous peine de sanction l'observance du Sabbat (le repos du septième jour) et la pratique de la circoncision. Mais les Juifs s'insurgè-

rent contre cette atteinte à leurs traditions. Une terrible révolte s'ensuivit, conduite par Juda Macchabée et ses quatre frères. Après s'être emparé de Jérusalem, les Macchabées pénétrèrent dans le Temple et y rallumèrent la flamme consacrée au Dieu unique. Jusqu'à nos jours, cet événement est chaque année célébré par les Juifs au cours de la fête de Hanoukkas, ou fête des lumières.

Les Macchabées fondèrent une nouvelle dynastie royale, celle des Asmonéens, qui dura quatre-vingts ans, jusqu'à l'annexion du pays par Rome. La Palestine devint alors la province romaine de Judée. Par deux fois, les Juifs s'insurgèrent contre cette domination et par deux fois, la rébellion fut matée dans un bain de sang.

Occupée par des envahisseurs successifs, la Palestine ne devait retrouver son indépendance qu'en 1948, avec la création de l'État d'Israël.

Un événement, peu remarqué à cette époque, allait avoir un retentissement considérable dans l'histoire. religieuse du monde.

Cela se passait en Galilée, au début de la colonisation romaine. A "Nazareth, dans la famille d'un pauvre charpentier juif, un enfant était rué. Il s'appelait Jésus. Jeune homme, il s'en allait porter la bonne parole aux pêcheurs de Galilée et aux humbles travailleurs du peuple.

Comme il stigmatisait sans cesse le luxe des riches et l'orgueil des puissants, les classes dirigeantes le dénoncèrent aux autorités d'occupation. Il fut alors condamné à mort et crucifié par ordre du gouverneur romain Ponce Pilate. Quelques années plus tard, les enseignements de Jésus, consignés dans les Évangiles et prêchés par saint Paul, au long de ses périples, donnèrent naissance à une nouvelle religion : le Christianisme.

Depuis lors, jusqu'aux temps modernes, la Palestine fut livrée aux mains étrangères. Après la domination romaine et byzantine qui dura plus de six siècles, le pays fut occupé par les successeurs de Mahomet, venus d'Arabie. II connut ensuite l'assaut des croisés, qui s'établirent en Terre sainte, durant deux cents ans.

Au xvème siècle, Constantinople tomba sous le joug des Turcs Ottomans. Ceux-ci annexèrent plus tard la Palestine, laquelle fut gouvernée pendant près de quatre cents ans par une succession de pachas nommés par les sultans de Constantinople.

En 1799, remontant la côte par l'Égypte, Napoléon Bonaparte et son armée mirent le siège devant Acre mais durent battre en retraite.

La domination turque prit fin durant la Première Guerre mondiale et le pays fut alors placé sous Mandat britannique. Résistant à tous ces bouleversements, une petite colonie juive continua de vivre dans cette région. Soumis à des maîtres étrangers, les Juifs se consacrèrent au commerce et à l'artisanat, ainsi qu'à l'étude des livres sacrés. Au Moyen Age, ils se groupèrent dans les quatre villes saintes de Jérusalem, de Tibériade, de Safed et d'Hébron.

Depuis l'occupation romaine, la plupart des Juifs avaient quitté la Palestine. Un centre juif très important se constitua à Babylone, dans l'Irak actuel. Plus tard, sous la domination arabe, les Juifs formèrent en Espagne une communauté florissante, mais ils furent persécutés par les rois catholiques après la conquête du pays. Beaucoup durent abjurer leur foi et ceux qui refusèrent la conversion périrent sur les bûchers dressés par l'Inquisition espagnole.

En 1942, année où Christophe Colomb découvrit l'Amérique les Juifs furent expulsés d'Espagne.

La plupart des Juifs espagnols, les Séphardis, s'installèrent sur le pourtour oriental de la Méditerranée, tandis que des milliers d'entre eux rejoignaient la Terre sainte.

D'autres trouvèrent refuge en Angleterre et en Hollande. Amsterdam abrita une colonie juive fort prospère. Et parmi les Juifs de cette époque, certains figurent sur les tableaux du grand peintre Rembrandt.

Au Moyen Age, les Juifs essaimèrent aussi en Allemagne, où ils se heurtèrent à l'ostracisme des princes et des nobles. Ne pouvant acquérir de terres, ni porter les armes, ils ne purent exercer les deux principales activités de l'époque, l'agriculture et la guerre.

C'est pourquoi, ils se firent commerçants et banquiers, vivant sous la protection des nobles aussi longtemps qu'ils leur furent de quelque utilité.

De temps à autre éclataient d'effroyables pogromes. La foule déchaînée poursuivait alors et massacrait les Juifs, mettant le feu à leurs maisons et à leurs synagogues.

Aux XVème et XVIème  siècles, les Juifs allemands immigrèrent vers l'est, en Pologne et en Russie, car ces pays, émergeant de l'époque féodale, avaient besoin de leurs connaissances commerciales et financières.

Cependant, là encore, se répétèrent les mêmes réactions antisémites. Indésirables dans certaines régions, les Juifs de Pologne et de Russie vécurent, presque toujours, dans l'insécurité et la pauvreté.

Vint la Révolution française qui proclama les idéaux de : « Liberté, Égalité, Fraternité » pour tous les hommes, mais en Russie, l'État s'opposa à tout libéralisme. C'est ainsi qu'au début du XIXème siècle, un grand nombre de Juifs s'embarqua vers le Nouveau Monde.

Pendant les deux mille ans que dura leur dispersion, les Juifs gardèrent l'ardente nostalgie de leur patrie. C'est la religion juive qui maintint vivant le lien entre le peuple et la terre.

En Allemagne et en Russie, les Juifs continuèrent à célébrer les fêtes religieuses liées à la vie agricole des habitants de l'ancienne Palestine, telle que la fête de Soukkoth ou des Tabernacles, consacrant les récoltes de l'automne lorsque, en Israël, sont attendues les pluies d'hiver.

Au cours de la cérémonie de Soukkoth, les Juifs pieux du monde entier construisent des cabanes couvertes de feuillage où se tiendront les repas. Dans les synagogues, les fidèles forment des processions et, tenant à la main des branches de citronniers et de palmiers, nouées entre elles par des brindilles d'osier et de myrte, récitent des prières spéciales pour que vienne la pluie.

Les Juif, religieux crevaient qu'à l'heure de son choix, Dieu enverrait le Messie pour les ramener en terre d'Israël. De temps en temps, dans les ghettos de l'Europe médiévale, des rumeurs se répandent annonçant l'apparition du Messie. Alors, quelques Juifs pliaient bagage et s'en allaient à sa rencontre.

La plus spectaculaire de ces flambées messianiques éclata en 1665, lorsqu'un certain Sabbataï Zévi se présenta devant les Juifs de Smyrne en Turquie, comme le Messie attendu par Israël.

Une vague d'exaltation souleva les communautés juives, gagnant jusqu'aux riches marchands d'Amsterdam. Mais cette ferveur mystique s'éteignit soudain lorsque, arrêté par le sultan des Turcs, le faux messie se convertit à l'Islam pour sauver sa vie.

Le mouvement sioniste qui prit son essor en Russie au XIXème siècle, apporta une réponse plus réaliste à cette antique aspiration.

Les Juifs n'attendraient plus le Messie et retourneraient d'eux mêmes à Sion. Théodore Herzl avait prophétisé : « Si vous le voulez, ce ne sera pas un rêve. » A sa mort, jeunes hommes et jeunes femmes de la seconde Aliyah se mirent en route afin de bâtir, par leur travail et leur sueur, ce rêve passionné. Parmi eux se trouvait Ben Gourion.

Les soixante années qui suivirent ont été sans doute les plus mouvementées et les plus dramatiques des quatre millénaires de l'histoire juive.

Ce furent successivement l'aventure des pionniers, le bouleversement de la Première Guerre mondiale, la Déclaration Balfour et le Mandat britannique, l'ascension de Hitler et le génocide des Juifs, la Seconde Guerre mondiale, l'Aliyah Bet, la décision des Nation Unies, la proclamation de l'État, l'immigration des masses juives, la campagne du Sinaï en 1956. le conflit de 1967 et, par‑dessus tout, l'extraordinaire croissance d'Israël. La tâche n'est pas encore terminée et des dangers menacent encore la jeune nation. Mais après un exil millénaire, le Peuple du Livre mène à nouveau une existence libre sur la terre de la Bible.

POSTFACE

LA CRISE latente qui persistait entre les États arabes et Israël devait à nouveau se dénouer par les armes, au cours d'un troisième combat que certains ont surnommé !a guerre des six jours.

Les causes immédiates de ce conflit remontent au mois d'avril 1967, alors que les commandos syriens du groupe El Fatah se livrent à des raids incessants en territoire israélien. Israël riposte en bombardant Damas et menace de renverser le régime syrien pour mettre fin aux incursions terroristes.

En Égypte, le président Nasser, informé qu'Israël concentre des troupes à la frontière syrienne, décide, par souci de prestige, d'intervenir. Tandis que les troupes égyptiennes atteignent la frontière d'Israël dans le Sinaï, Nasser demande le retrait des forces de l'O.N.U.— U. Thant, secrétaire général de cet organisme, accède à sa requête et le 21 mai, les forces égyptiennes remplacent les « casques bleus » à Charm El-cheikh, près du détroit de Tiran, et ferment le golfe d'Akaba.

Poursuivant l'œuvre oecuménique de Jean XXIII, le pape Paul VI s'est rendu en Terre sainte. Le voici accueilli par la délégation israélienne lors de son récent pèlerinage en 1964.

Le 22 mai, le président Nasser annonce le blocus du détroit de Tiran. Quelque temps plus tard, le ralliement du roi Hussein de Jordanie à la cause arabe vient achever l'encerclement militaire d'Israël.

C'est alors que, le 5 juin au matin, à 7 h (heure française), Israël déclenche l'offensive. Évitant le faisceau des radars égyptiens, les pilotes israéliens, écrasent au sol la majeure partie de l'aviation égyptienne. Privés de couverture aérienne, les blindés et les troupes de l'ennemi sont pilonnés et mis en déroute dans le désert. Le 7 juin, la Jordanie accepte un cessez-le-feu, suivie le lendemain par la R.A.U. et la Syrie. Le 9 juin, c'est la dramatique démission du président Nasser, qui reprend aussitôt le pouvoir.

La troisième guerre israélo-arabe est terminée. Victorieux et rescapé d'une destruction totale, Israël se trouve agrandi de nombreux territoires : La vieille Jérusalem (annexée par la Knesset en 1967), le Sinaï, Gaza, la Cisjordanie et la zone de Kuneitra en Syrie.

 

A l'heure qu'il est, en l'absence de toute solution politique, pourtant hautement souhaitable, de fréquentes et violentes escarmouches se déroulent un peu partout en Israël mais principalement dans la bande de Gaza, à Jérusalem-est, à Hébron et à Tel-Aviv...

Note de l'auteur du site :

Ce texte date d'une trentaine d'années environ et qu'en est-il aujourd'hui... Rien n'a changé sinon que la situation a empirée et nous savons, selon les déclarations de la Bible que ce conflit se terminera dans un bain de sang... Cependant, nous savons aussi que les ennemis d'Israël seront vaincus par le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs : JÉSUS-CHRIST en personne qui écrasera toutes les nations qui seront venues combattrent le peuple élu de Dieu.-----------------------------------------------------------------------------------FRéagir à cet article

Date de mise à jour de cette page si nécessaire : samedi, 26. janvier 2008 16:53